obliger votre personnel à faire la promotion sur facebook : mauvaise idée

Le réseau TVA nous apprenait plus tôt dans la journée que le bar le Living Room à Sherbrooke demandait par courriel à son personnel de joindre obligatoirement sur Facebook, la page officielle du Living Room qui présente les activités et promotions à venir.

Dans un courriel envoyé aux 120 employés le 30 décembre et dont TVA Nouvelles a obtenu copie, il est écrit que ces derniers « doivent obligatoirement se joindre au groupe Facebook officiel du Living Room » afin d’y inviter leurs contacts et amis. La direction les enjoint à s’inscrire « d’ici 48 heures ».

L’employeur semble affirmer que cette pratique semble avoir des retombées positives.

M. Hamrouni fait du reste valoir que campagne de publicité sur la page officielle, où l’on trouve des renseignements sur les promotions de la maison et les DJ invités, profite à tous.

« Ça augmente leurs revenus, leurs pourboires aussi. Pour nous, c’est un moyen très, très, très efficace et économique », explique-t-il.

Gros problèmes dus au caractère obligatoire…

Le problème avec tout ça est le caractère obligatoire de la demande. C’est absurde, mais les répercussions peuvent être négatives à plusieurs niveaux.

En premiers lieux, le caractère obligatoire de cette demande peut inciter des gens à ne pas vouloir postuler à un emploi. Par principe, pour ne pas vouloir devenir un objet de promotion pour son patron, par désir de ne pas mêler le travail et la vie sociale/personnelle, ou parce qu’à ses yeux, c’est un emploi, mais qu’il n’adhère pas aux principes de l’entreprise.

Deuxièmement, le fait d’exiger que des employés agissent ainsi implique qu’ils sont dans l’obligation d’avoir un compte Facebook (certains n’en veulent pas), et un accès régulier à un ordinateur. Bien que dans le contexte d’un bar où les employés sont généralement des étudiants ont accès à un ordinateur et ont un compte Facebook, ce n’est pas la totalité ni une garantie. Serait-il une sorte de discrimination face à ceux qui n’ont pas d’ordinateur ou/et Facebook?

Une option serait que l’employeur fournisse à ses employés un accès à des ordinateurs sur les lieux de travail. Mais ceci implique un troisième problème. La rémunération de cette action est-elle quantifiable (temps/par ami) et est-elle juste envers tous les employés (et futurs employés), qui eux ont un ordinateur à la maison.

Par exemple, si moi je n’ai pas de compte Facebook, et que je m’en crée un que pour pouvoir être engagé (ou un compte bidon pour ne pas entacher mon vrai compte Facebook afin de ne pas « salir » mon compte pendant le temps que je suis embauché à cette place), avec 2 amis, est-ce l’action de joindre le groupe Facebook de l’entreprise sera récompensé également que celui qui a 12 000 amis (mais qui en connais réellement 50-100)? Ou bien celui qui a 1000 amis qui sont principalement de futurs avocats/notaires comparés à celui qui a 1000 amis qui sont tous sur l’aide sociale (le facteur discriminant est la capacité de ces derniers à dépenser)?

En advenant que le gouvernement ne fasse rien, il est possible de se demander si en plus de devoir avoir un salaire minimum, est-ce que le gouvernement devrait avoir un « prix/compensation » minimum pour la promotion sur les réseaux sociaux, à faire en lieux/hors lieux de travail.

Également, un quatrième problème se pose. En matière de réputation, les employés risquent de se sentir « un objet de promotion » sur Facebook. Est-ce que ceux qui se limitent réellement à avoir comme « ami » de vrais amis et connaissances risquent de devoir changer cette pratique et accepter que n’importe quel inconnu qui est un client (actuel ou potentiel) de l’entreprise?

Sans compter que la réputation des employés peut être entachée. Une personne qui aspire à devenir PDG d’une grosse corporation/institution publique dans son futur pourrait avoir son « passé » Facebook resurgir et lui nuire à cause de son ancien travail? Par exemple, imaginez si l’on apprend dans le futur que l’établissement (ou certains membres du personnel) est/était lié à un groupe criminel ou que ce dernier instaure une politique controversée. Beaucoup de gens font des associations très facilement.

Finalement, il ne faut pas oublier que l’employeur risque d’avoir une réputation entachée relativement à cette pratique. En plus d’avoir une opinion négative, les clients pourraient percevoir toutes les publicités et donc les invitations comme peu crédibles. N’oubliez pas qu’une inondation de publicité a un impact négatif et donne l’impression que le produit peut être mauvais.

La solution : privilégier l’invitation

À mon avis, il serait plus sage de privilégier une pratique où l’on invite les employés à joindre le groupe Facebook de l’entreprise. Ainsi, les employés qui le joignent le font par fierté et non par obligation. La différence? Elle est énorme! En plus de montrer qu’il y fait bon de travailler à cette entreprise, elle améliore son degré de crédibilité en montrant qu’ils ne cherchent pas à tout prix par peu importe les moyens, à publiciser leurs produits.

Source des citations et reportage : LCN/TVA Sherbrooke

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